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Rencontre avec Mikl Mayer

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On dit du 9ème art qu’il n’est pas très accueillant, qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus…

Non seulement il faut un bon coup de crayon, un talent de scénariste, de la persévérance et du courage, mais pour se faire publier par une maison d’édition il faut aussi une patience à toute épreuve ! Et une fois publié les tirages sont, sauf exception, trop faibles pour pouvoir en vivre.

Pourtant, côté lecteurs, nous sommes nombreux à dévorer les BD… à attendre avec impatience la suite des aventures de nos héros préférés… Parfois on cumule même version papier, adaptation au cinéma… on peut dire que nous sommes, comme leurs créateurs, des passionnés !
Notre rencontre avec Mikl Mayer nous a permis de pénétrer dans cet univers qui rythme sa vie au quotidien et qu’il a accepté de nous faire partager. Avec sincérité et naturel il s’est livré à cet exercice, et nous le découvrons tour à tour, drôle, sensible, fort par ses propos et ses actions.

Son imagination et son énergie n’ont de limite que le temps… et c’est souvent des nuits entières qu’il consacre à ses personnages. Il passe de l’univers des D’jeunes à celui de Mes papas et moi avec aisance, nous surprend soudain avec En caisse qui nous livre l’envers du décor d’un supermarché… De nombreux artistes, sensibles à son travail, ont accepté d’être croqués par lui et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il les magnifie avec tendresse. On rit, on est ému, on s’interroge… il nous dit vouloir réveiller les consciences… pari gagné Mikl !

 

Catalin’arts : Pour nos lecteurs, peux-tu te présenter : qui es-tu, d’où viens-tu, quel est ton parcours ?

C’est toujours la question la plus compliquée pour moi. En bref, je m’appelle Mikl ça tu t’en doutes (rires), j’ai 28 ans, j’habite sur Toulouse, et je suis auteur de plusieurs séries de bandes dessinées : Les d’jeunes, En caisse, Mes papas et moi, et le prequel Mes papas avant moi.

 

Catalin’arts : D’où vient ton pseudonyme Mikl Mayer ?

Mikl est un diminutif de mon vrai prénom, quant à mon nom il vient de Suzanne Mayer de Desperate Housewives parce que je ressemble beaucoup au personnage : je suis très maladroit, en cuisine je suis une véritable catastrophe, je suis un petit peu foufou comme elle. C’est un surnom que mes amis m’ont donné.

 

Catalin’arts : Quand as-tu su que tu voulais faire de la BD ; comment cette passion est-elle née ?

Mikl : J’ai commencé à dessiner à l’âge de 5 ans, je reproduisais des personnages de Disney et la BD est venue assez naturellement. J’ai toujours été passionné par le cinéma, mais je ne pouvais pas tourner de film ; comme j’aimais le dessin et l’écriture, la BD me permettait d’avoir un compromis entre les deux et de pouvoir faire ce que j’aime.

 

Catalin’arts : Quelle est ta formation au dessin ? As-tu étudié l’anatomie, la perspective, la théorie des ombres et autres principes du dessin pour les BD ?

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Je suis complètement autodidacte.

 

 

Mikl : Je n’ai suivi aucune formation, je suis complètement autodidacte. J’ai juste fait de la sculpture pendant 3 ans ce qui m’a beaucoup aidé au niveau des personnages, des décors, à donner plus de relief. Beaucoup font du dessin sur tablette. J’avoue ne pas savoir maîtriser cet instrument, mais le papier me permet de garder un aspect authentique auquel je tiens particulièrement.

 

Catalin’arts : Quel matériel utilises-tu et sur quel support travailles-tu ? explique-nous.

Mikl : J’utilise très simplement une feuille de papier, un crayon à papier et un stylo puis, après, je scanne et je mets en couleur sur Photoshop. J’ai juste besoin de ça.

 

Catalin’arts : Comment organises-tu ton travail et quel est ton lieu de travail ? Dirais-tu que c’est une routine ou pas du tout ?

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Copyright : Mikl Mayer

C’est naturel pour moi de jouer les scènes, de voir comment les personnages peuvent les ressentir, leur gestuelle, les mots qu’ils choisissent etc.

 

 

 

Mikl : Mon lieu de travail est très variable, à part pour l’ordinateur. Sinon, je peux dessiner n’importe où. Avant, il m’arrivait même de dessiner dans le bus.
Je commence par écrire le scénario, puis je passe au dessin. Je modifie souvent les dialogues au dernier moment et je joue aussi les scènes. C’est naturel pour moi de jouer les scènes, de voir comment les personnages peuvent les ressentir, leur gestuelle, les mots qu’ils choisissent etc. Une routine ? Non. Je fais plein de choses différentes, du coup il n’y a jamais ni routine ni ennui, c’est important pour le scénario et les dessins.

 

Catalin’arts : Tes sources d’inspiration tu veux bien nous en parler ? As-tu une idée de départ ?

 

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Pour Les d’jeunes, tout est venu assez naturellement. Pour Mes papas et moi j’ai voulu un style un peu caricatural.

 

 

 

Mikl : Cela peut venir de tout. Pour Les d’jeunes, tout est venu assez naturellement. Pour En caisse, c’est en connaissance de cause du travail mais aussi des situations vécues par un hôte de caisse, car je travaille dans un supermarché. Mes papas et moi c’est par les manifestations et les slogans véhiculés (ndlr : manifestations anti mariage pour tous) … ça peut venir de plein de choses différentes. Mes papas et moi m’a aussi apporté une grande satisfaction. Quand je vois les réactions que cette BD suscite, c’est juste incroyable !

 

Catalin’arts : Beaucoup de dessinateurs font appel à un scénariste. Toi tu manies avec aisance le dessin et l’écriture. Comment ton travail graphique s’adapte-t-il au scénario, ou l’inverse ?

Mikl : Cela se fait naturellement. Je peux aussi faire pas mal de recherches comme pour ma BD sur Manu Dibango où j’ai cherché à trouver un style graphique qui pourrait correspondre à l’histoire mais aussi à l’ambiance que je voulais voir se dégager avec la bande dessinée. Pour Les d’jeunes je n’ai pas trop réfléchi, pour Mes papas et moi j’ai voulu un style un peu caricatural. C ’est suivant les scénarios.

 

Catalin’arts : Quel a été le projet le plus difficile à réaliser en graphisme ou en dessin ? et quel a été le plus satisfaisant pour toi ?

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Manu Dibango… C’est un énorme travail. J’ai hâte que cette BD soit publiée.

 

 

Mikl : Je te dirais que c’est Manu Dibango, qui a été un vrai défi pour moi et m’a demandé un énorme travail étant donné que je reprends une histoire qui existe déjà. Il faut la réadapter, essayer de faire des changements, effectuer des recherches pour les décors, revoir l’histoire elle-même. Un livre ou une BD qui parle de musique, c’est assez compliqué : le lecteur doit, en lisant, ressentir cette musique, ce qui n’est pas simple dès lors que la BD ne développe pas de son ! C’est beaucoup d’investissement. J’ai hâte qu’elle soit publiée. Elle est prête depuis deux ans mais pour l’instant j’attends… Je sais que Manu l’a beaucoup aimée, il a été très touché en voyant le dessin de ses parents… Il n’est pas évident de trouver des maisons d’édition, je travaille toujours là-dessus.

 

1) affiche Emmanuel D'Joké Dibango

 

Catalin’arts : Parlons cinéma. Tu es fan de Xavier Dolan dont tu t’es inspiré pour certaines scènes dans Mes papas avant moi souhaiterais-tu que l’une de tes BD soit adaptée au cinéma et si oui laquelle et pourquoi ?

Mikl : Je dirais toutes (rires) ! Parce que je suis, comme tu l’as dit, un grand fan de cinéma. Ce serait un honneur et franchement énorme de voir mes dessins sur grand écran, je pleurerais sûrement.
Je suis effectivement un grand admirateur de Xavier Dolan pour ses scénarios, ses images… c’est quelqu’un qui fait tout de A à Z et on a beau penser ce qu’on veut de lui, c’est pour moi un grand artiste. Je ressors admiratif à chaque fois que je vais voir un de ses films.

 

Catalin’arts : Y a t-il un film ou un roman ou autre que tu aimerais adapter en BD ?

J’ai aussi pensé à adapter Les Misérables, mais centrer l’histoire sur Cosette…

Mikl : Très bonne question, je n’y ai jamais réfléchi… J’ai déjà adapté le personnage de Cruella en BD que j’ai publiée sur Facebook. J’ai pensé au bouquin de Valérie Trierweiler Merci pour ce moment… (rires). Je trouve notre Président tellement… comment dire… drôle, amusant… que cela se prête à l’adaptation pour une BD burlesque. Après, j’essaie de faire des BD qui puissent être lues même dans vingt ans et je ne pense pas que l’histoire de Valérie Trierweiler et de notre Président on s’en souvienne d’ici là… J’ai aussi pensé à adapter Les Misérables, mais centrer l’histoire sur Cosette… Cette oeuvre est tellement immense, incroyable. Malgré toutes ses adaptations, je pense qu’il y a encore des choses à raconter dessus.

 

Catalin’arts : Tu as déclaré lire peu de BD à l’époque où tu t’es lancé. Qu’en est-il aujourd’hui ? As-tu le temps de lire d’autres BD et quels artistes, qui t’ont peut-être inspiré, apprécies-tu ?

Mikl : Je vais te décevoir… Depuis la dernière fois que j’en a parlé, je n’ai pas lu de BD, même pas le dernier Lucky Luke ! Ce n’est pas une question de temps – je le trouve aisément pour regarder des films – mais aujourd’hui à part Titeuf, ou Bichon de David Gilson, il y a peu de BD qui m’attirent vraiment.

 

Catalin’arts : Arielle Dombasle, Amanda Lear, Maurane, t’ont positivement inspiré et transporté et tu as su parfaitement les intégrer à ton univers. Les femmes t’inspirent plus que les hommes où s’agit-il de coups de cœur personnels pour ces artistes ?

Mikl : Tout le monde peut m’inspirer, la preuve Manu Dibango est un homme donc… il n’y a pas que des femmes.
Arielle Dombasle et Amanda Lear sont des icônes gays et c’est ce que je voulais représenter dans la BD Mes papas et moi. Il est vrai qu’il y a beaucoup plus d’icônes gay femmes que d’hommes…
Après, beaucoup d’autres personnes m’inspirent, tel Jean-Paul Gaultier, dont je reprends souvent les costumes qui me fascinent.

 

Catalin’arts : Tu nous a confié avoir une grande admiration pour Arielle Dombasle, tu peux nous en dire plus ?

 

Affiche Arielle Dombasle (1)

 

Mikl : Arielle Dombasle est une artiste complète. Chanteuse, actrice, également chroniqueuse maintenant auprès de Laurent Ruquier. C’est une touche-à-tout vraiment douée qui n’a pas peur de relever les défis. Quand elle a accepté d’être dans ma BD j’étais fou de joie. Elle a une carrière qui traverse les années, c’est un exemple pour moi. Peu peuvent se vanter de rester sur le devant de la scène autant de temps. Et puis elle a tellement d’allure et est d’une telle gentillesse…

 

Catalin’arts : Doit-on s’attendre à de nouvelles personnalités qui vont venir rejoindre tes héros ? Peux-tu nous en parler ?

Mikl : Je suis en discussion avec trois artistes. L’un d’eux vient de confirmer lui-même sa participation. Il s’agit de Kevin Elarbi, acteur dans la série Clem. Pour les autres, je n’en dirai pas plus…

 

Catalin’arts : Yagg, Ulule, Garçon Magazine, Des Ailes sur un Tracteur, Têtu… j’espère n’oublier personne… le chemin est long jusqu’à la parution d’une BD. Peux-tu nous dire en quelques mots comment se sont faites ces rencontres et comment ces différents médias t’ont aidé ?

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Ce qui est génial avec Yagg c’est qu’ils sont présents du début jusqu’à la fin, c’est une collaboration dont je suis très fier.

Mikl : Ulule, c’est mon éditeur qui leur a proposé ma BD. Cela ne venait pas du tout de moi. Pour Yagg, ce sont eux qui m’on récupéré lorsque Têtu m’a lâché, pour des raisons que je n’évoquerai pas. Ce qui est génial avec Yagg c’est qu’ils sont présents du début jusqu’à la fin, c’est une collaboration dont je suis très fier.
Quant à mon éditeur il est venu vers moi très certainement grâce à Yagg d’ailleurs, dès lors que ma BD fonctionnait très bien sur Facebook. Ca marche au culot, il faut oser aller vers les gens.

 

Catalin’arts : Tu as publié ta première BD Les d’jeunes en 2009. A quel public t’adressais-tu plus exactement qui voulais-tu atteindre ?

Mikl : Ma réponse va sembler très nombriliste… je m’adressais à moi-même. Du coup je pense que c’est ce qui a intéressé le lecteur qui sentait que tout était vrai, que cela venait du cœur. Après, il faudrait leur demander ceci-dit, c’est compliqué de dire ce qui a pu attirer les gens vers ma BD.

 

Catalin’arts : On aimerait bien une suite, est-ce au programme et si oui as-tu déjà un scénario en tête pour le retour de nos héros Justin, Kimberly, Morgane ?

 

affiche promo VIP

 

Mikl : Il y a un tome 5 que j’ai écrit en 2009, quand j’ai publié le premier album. Il a été entièrement fait… et entièrement démonté. Pour l’instant je n’ai pas eu le temps de m’y remettre. J’ai beaucoup de travail avec la BD sur Manu, Mes papas et moi qui a un succès auquel je ne m’attendais pas, En caisse qui semble attirer beaucoup de gens et sur laquelle je travaille énormément. Pour Les d’jeunes, bien que ce soit pour l’instant compliqué, je ferai le tome 5 – qui sera d’ailleurs le dernier de la série – j’espère bientôt… !

 

Catalin’arts : Raconte-nous la naissance de Mes papas et moi qui a été un succès avant même sa sortie. Comment t’es venue cette idée ?

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J’espérais réveiller un peu les consciences avec ma BD. Ce sont des sujets qui dérangent et qui m’attirent et dont j’ai envie de parler.

Mikl : Comme je te l’ai dit tout à l’heure c’est par rapport aux manifestations à l’époque et à tous ces slogans que je trouvais violents et injustes. J’avais envie de dire que je ne vois pas où est le problème que deux hommes ou deux femmes élèvent un enfant, dès lors que cet enfant est élevé avec attention et amour, c’est l’essentiel. Je pense que cela pose problème à ceux qui ne comprennent pas vraiment l’homosexualité, et qui s’en font une image loin de la réalité.
J’espérais réveiller un peu les consciences avec ma BD. Je suis conscient de la différence entre cette BD et les précédentes et du succès rencontré par Mes papas et moi. Au départ j’ai commencé par la publier sur Facebook, pendant 11 semaines et lorsque j’ai vu la réaction des gens j’ai décidé de continuer. Après ça s’est fait avec la maison d’édition, Arielle Dombasle, et d’autres bientôt… A vrai dire, ça me perturbe un peu que l’on parle de succès… je ne me rends peut-être pas compte, je ne sais pas. Mais je suis heureux de voir qu’elle ne laisse pas indifférent.

 

Catalin’arts : A cette époque quelle a été la réaction de tes proches, de tes amis ?

Mikl : Mes amis étaient assez inquiets en raison de l’ambiance autour des manifestations et me demandaient si je n’avais pas peur des conséquences. Mais je suis quelqu’un comme ça, si j’aborde un sujet qui choque, j’ai tendance à foncer ! Comme dans Les d’jeunes, je n’ai pas hésité à parler du SIDA, du deuil, de l’homosexualité un peu aussi, ou encore du viol, dont je parle dans Mes papas et moi : ce sont des sujets qui dérangent, qui m’attirent et dont j’ai envie de parler.

 

Catalin’arts : Florian le romantique, Tristan le maladroit, Zack brut de décoffrage et les autres… tes personnages sont touchants et tu as donné à chacun d’eux un aspect de ta personnalité. As-tu un faible pour l’un en particulier ?

Couverture Bande Mes papas & moi

 

Parmi mes personnages il n’y en a pas un qui est plus important que l’autre.

 

 

Mikl : Non car tous mes correspondent ! On peut même rajouter Sam… qui est présent dans trois de mes BD. Ils sont tous importants et complémentaires, il n’y en a pas un qui est plus important que l’autre. C’est vrai que j’ai eu tendance à mettre Tristan un peu plus en avant par rapport à ses relations avec sa mère et à cette situation que j’ai mise en évidence.
Après plusieurs sondages sur les réseaux sociaux, je confirme que tous sont au même niveau du côté de mes lecteurs.

 

Catalin’arts : Tu as toujours voulu faire entendre ta voix contre l’homophobie, pour le préservatif, tu as réalisé des affiches pour Laurette Fugain… les associations tiennent une grande place dans ta vie. C’est quelque chose d’essentiel et d’important pour toi ?

Mikl : C’est quelque chose d’important pour moi, les associations ont un message positif à faire passer et je pense que le rôle des artistes est aussi de relayer des messages positifs, d’aider, d’être présents pour les autres. C’est pour cela que je développe parfois des thèmes compliqués.

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Je pense que le rôle des artistes est aussi de relayer des messages positifs, d’aider, d’être présents pour les autres.

 

 

 

Catalin’arts : Tu as intégré dans l’un de tes récents épisodes Le Refuge, association de cœur de Catalin’arts, qui vient en aide aux homosexuels chassés de leur domicile par leurs proches. Tu connaissais déjà cette association, peux-tu nous dire ce que tu penses de l’immense travail accompli depuis sa création et de cette structure qui, rappelons-le, est unique.

Mikl : Le travail du Refuge est très important et je trouve dommage que certains homosexuels n’en entendent pas parler. Ils se retrouvent enfermés dans un monde à part, où le suicide est malheureusement pour eux parfois la seule voie de sortie.
Il est primordial d’en parler, de les aider, d’essayer de leur faire comprendre à quel point la vie est importante. Le Refuge les aide à s’accepter, à se développer, à continuer leur vie.
Après, il faudrait que les autres acceptent les gens tels qu’ils sont et, dans ce cas précis, que l’homosexualité n’est pas une maladie, qu’il n’y a rien d’anormal à être gay.

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Il faudrait que les autres acceptent les gens tels qu’ils sont.

 

Romain

 

 

Catalin’arts : Parlons de En caisse maintenant. Tu mets en scène de façon très drôle les anecdotes d’un supermarché . Tu y songeais déjà depuis un moment ? comment est née cette nouvelle BD ?

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Extrait de En caisse par Mikl Mayer

Je trouvais intéressant de montrer la société dans sa généralité, et ne pas avoir peur de parler de religion, d’intolérance, entre autres….

 

 

Mikl : Elle est née en caisse tout simplement (rires)… par les clients, par tout un tas de choses exubérantes que l’on peut entendre, par des situations … En caisse, on voit toutes les catégories sociales qui font leurs courses, on entend les discours, on a un aperçu des différentes façons de penser. Je trouvais intéressant de montrer la société dans sa généralité, et ne pas avoir peur : je sors la saison 3 cet été et je vais y parler de religion, d’intolérance, entre autres… Il y a des choses qui dérangent à ce sujet. Je pense que ce cela va faire réagir, et donc avancer vers une tolérance générale.

 

Catalin’arts : On dit le monde de la BD fragilisé. Certains vendent leurs planches à prix d’or… d’autres n’arrivent pas à en vivre et c’est aussi ton cas. Que penses-tu de cette situation et de l’évolution de la BD en général ?

 

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Il n’y a pas que la BD qui souffre, il y a aussi le cinéma, la musique, tout ce qui est artistique qui est fragilisé.

Mikl : Je parlerai de l’Art en général car il n’y a pas que la BD qui souffre, il y a aussi le cinéma, la musique, tout ce qui est artistique qui est fragilisé. Internet a notamment changé la donne. J’ai tendance à donner mon travail gratuitement sur internet dès lors que ça me permet d’avoir des retours par des lecteurs de tous bords, ravis puisqu’ils peuvent accéder sans contrepartie financière à mes BD. Mais cela irrite certains artistes qui trouvent cela stupide de ma part et qui n’ont pas hésité à m’interpeller. J’ai envie de leur dire que l’on fait son travail et on essaie de se faire connaître comme on peut et comme on veut. Il n’y a rien de mal à donner son travail gratuitement. C’est moi qui passe mes nuits dessus, j’ai donc le droit d’en faire ce que je veux. Bien-sûr j’aimerais en vivre. Je réserve d’ailleurs des publications inédites pour mes albums, ou pour Garçon Magazine qui publie désormais Mes papas et moi dans ses pages.

 

Catalin’arts : Que conseillerais-tu à un jeune qui voudrait se lancer dans l’aventure de la BD ?

Mikl : Du travail, de garder toujours l’espoir et la tête sur les épaules. Il y aura sans doute de mauvaises critiques qui viendront essayer de l’arrêter, j’ai moi-même vécu cette expérience, mais il faut tenir !

 

Catalin’arts : Quelle question aurais-tu aimé que je te pose ?

Mikl : J’avoue que n’avais pas pensé à cela… (rires)

Mikl : Quelles sont les références que j’utilise dans Mes papas avant moi ?

Mikl : Pour le tueur en série, je me suis inspiré d’un tueur non identifié à San Francisco, appelé The Doodler, qui a sévi de janvier 1974 à septembre 1975. Il enlevait des homosexuels, les poignardait et les maquillait. La mère de Florian, Debbie, est inspirée d’un personnage de Queer As Folk.

Et une exclu pour toi, car il me semble que personne ne s’en est aperçu… pour la mère de Samantha qui fait une apparition, je me suis inspiré de la sérié Absolutely Fabulous (Absolument Fabuleux) bientôt adaptée au cinéma. Les références sont visibles par son nom de famille, mais également par les photos accrochées au mur dans l’appartement de Samantha.

Il y a aussi le nom de famille de Florian qui est Harvey, qui vient de Harvey Milk. Je fais référence également à Jean-Paul Gaultier, en dessinant ses costumes régulièrement.

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Retrouvez Mikl Mayer :

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Mes papas et moi, ainsi que Mes papas avant moi en lecture sur Yagg jusqu’à présent ; reprise par Garçon Magazine à compter du mois de juin 2016.

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