Musique 0

Henri Herbert – Concert magique à The Lexington – Londres le 06/03/2016

Après la soirée endiablée au Petit Bain à Paris, l’équipe de Catalin’arts a retrouvé le trio Henri Herbert à Londres pour un concert à The Lexington à l’occasion de la sortie officielle de son deuxième EP You Say.

Ambiance et accueil chaleureux dans ce lieu mythique où l’on peut boire d’excellentes bières et apprécier des plats typiques anglais au rez-de-chaussée avant de rejoindre, à l’étage, la salle de concert aux allures de salle de rock des années 70.

En attendant le spectacle certains ne résistent pas et esquissent quelques pas de rock à deux sur la piste… début de l’ambiance !

Dans leur loge nos trois artistes nous reçoivent avec une bonne humeur communicative et nous mettent tout de suite à l’aise. Ils se livrent sincèrement à l’exercice et vous allez peu à peu apprendre à les connaître…

Nous assistons tout d’abord à l’incroyable prestation de The Drip Dry Man que nous découvrons pour la première fois, puis le trio démarre le show en quelques secondes comme à son habitude. A partir de ce moment nous nous retrouvons entraînés dans une spirale qui ne nous lâche plus jusqu’à la fin.

La salle est comble, l’ambiance est chaude… on écoute, on bouge, on se trémousse, on s’enflamme, on se laisse aller sans retenue… et, croyez-le ou non, par moments on se plaît à imaginer que ce soir Jerry Lee Lewis et le King Elvis Presley se sont invités sur scène… il y a de la magie dans l’air à The Lexington !

You Say confirme s’il en était besoin la qualité de compositeur d’Henri et le talent exceptionnel de ce trio qui monte, qui monte… Henri le prodige et son piano ne font toujours qu’un et sa voix suave de crooner qui prend de plus en plus d’assurance nous accroche tandis que ses deux comparses en rajoutent se lâchant en chœur en arrière-plan. Nick et Lucas font tour à tour, puis en duo, la démonstration de leur jeu, chacun dans son registre, tout simplement unique ! Le résultat est toujours aussi bluffant et la salle est conquise. C’est qu’ils savent y faire ! Si cet EP a des sonorités plus mélancoliques, à certains moments même pop, nos trois musiciens se déchaînent et donnent tout à leur public. Henri ne se ménage pas et finit la prestation « trempé jusqu’aux os » … Nick et Lucas ne sont pas en reste… bref un jeu musical intense qui nous fait craquer une fois de plus !

Depuis notre interview Henri est parti à la conquête des US et nul doute que « l’homme qui joue du piano debout » celui qui « est le rock’n’roll » fera aussi « fondre » le public américain. On lui souhaite d’y rencontrer le succès et, qu’inspiré par son périple, il nous revienne avec, dans ses bagages et dans sa tête, de nouveaux textes et airs endiablés à partager avec son public.

En attendant, si nous faisions plus ample connaissance avec nos trois complices ?

 

Henri Herbert - The Lexington March 2016

Henri Herbert, Nick Jones et Lucas Itié – Copyright : Lou Sordo

 

Catalin’arts : Vous avez une belle complicité, pouvez-vous vous présenter et me dire comment vous vous êtes rencontrés tous les trois ?

Henri : J’ai connu Nick lorsque je jouais pour The Jim Jones Revue. Pendant trois ans on a beaucoup tourné. Nous avions besoin d’un batteur, et c’est Nick qui était de loin le meilleur.

Nick : Tu oublies de préciser que nous étions aussi colocataires… vivre ensemble crée des liens c’est certain ! On passait nos journées à jouer de la musique.

Henri : Lucas nous l’avons rencontré à Paris. Nous recherchions un bon joueur de basse et il est très doué, c’est ainsi tout naturellement qu’il a intégré le groupe. C’est comme une alchimie, la composition du groupe s’est faite par elle-même pour ainsi dire…

 

Catalin’arts : Dans quel état d’esprit êtes-vous après le 2ème EP ?

 

henri2

 

Henri : Je suis très content qu’il soit achevé et surtout ravi de ma première collaboration avec Neil Brockbank, notre producteur. C’est une vraie légende Neil… il a travaillé avec des gens cools comme Nick Lowe par exemple. C’était extra de travailler avec lui.

Je suis particulièrement satisfait du rendu final, j’ai le sentiment que nous avons travaillé beaucoup plus en profondeur et abordé des horizons musicaux différents.

Nick : Je dois dire que cela a été pour moi une des expériences d’enregistrement les plus divertissantes et relaxantes que j’aie connues.

Henri : Au studio, c’est plus tranquille. Pour tout dire, les prestations en live représentent un réel challenge à mes yeux…

Nick : Evidemment, car en live tu joues du piano et tu chantes en même temps… !

Henri : Tu as raison, je fais un peu tout à la fois et je trouve ça plutôt cool d’ailleurs (rires).

Nick : C’est aussi il est vrai une excellente façon de te tester et de trouver la meilleure performance artistique.

Henri : Ma façon de jouer en live est assez old school, juste le temps de régler les microphones et hop c’est parti !

(rires)

 

Henri Herbert - The Lexington March 2016

Henri Herbert – Copyright : Lou Sordo

 

Catalin’arts : Quelle est la fréquence de vos répétitions ?

Henri : Nous répétons chaque week-end généralement. Lucas vit à Paris, ce n’est donc pas forcément toujours facile de répéter ensemble, mais bien sûr on répète avant nos concerts !

Nick : Oui, on répète chez nous en Angleterre, et si on est en France, chez Lucas à Paris.

Catalin’arts : Comment vous sentez-vous avant d’entrer en scène ?

Nick : Comme en ce moment ! (rires)

Henri : Je suis à la fois ravi et excité, j’ai hâte d’être sur scène. J’attends également avec impatience la première partie par The Drip Dry Man.

Nick : Ce soir c’est aussi le premier concert de Lucas en Angleterre ! Le deuxième avec nous !

Catalin’arts : Quels musiciens ou groupes ont été une source d’inspiration dans votre carrière ?

Henri, Nick, Lucas (en cœur) : Jerry Lee Lewis, Led Zeppelin, Jimi Hendrix, un peu Django Reinhardt aussi, beaucoup de guitaristes.

 

Henri Herbert - The Lexington March 2016

Henri Herbert et Nick Jones – Copyright : Lou Sordo

 

Catalin’arts : Avec quel groupe aimeriez-vous partager l’affiche ?

Henri, Nick, Lucas (en cœur) : The Who, George Benson, Dr. John, Tom Waits, tous ces grands de la musique encore vivants !

Nick : Nous aurions aimé partager la scène avec David Bowie, mais hélas il n’est plus parmi nous… (silence)

Catalin’arts : Sur scène quelles émotions souhaitez-vous faire passer ?

Henri : Des émotions positives, faire en sorte que tout le monde passe un moment agréable.

Nick : J’ajouterai de l’intensité et de la sincérité dans notre jeu.

Catalin’arts : A quand un clip ? Est-ce au programme ?

Henri : Cela se voit à nos têtes je pense… Pour très bientôt…

Catalin’arts : A quoi ressemble une journée type du groupe ?

Henri : Une journée type comme celle d’aujourd’hui par exemple… Sitôt levés on a pris notre petit-déjeuner puis mis le matériel pour le concert dans le van. Arrivés sur place, on avale un morceau pour l’énergie et on est prêts pour jouer ! Parfois nos journées se composent d’écriture de chansons, de répétitions. Quant à Nick il aime contrôler les réseaux sociaux, facebook, internet, tout ça, c’est lui qui gère ! Voilà à quoi ressemble une journée type en soi.

Nick : Clairement si l’on va au studio nos journées se ressemblent. On enregistre aussi longtemps qu’il le faut, mais sans non plus devenir dingues ! Puis on se pose un moment au calme pour écouter l’enregistrement. Avec un peu de chance ça sonne bien, sinon… on retourne travailler !

Contrairement à beaucoup de groupes, nous ne nous imposons pas des plannings surchargés, car cela peut rendre un musicien aussi fou que fatigué… Quant au résultat ce n’est pas en travaillant 12 heures d’affilée qu’il sera meilleur. Notre producteur, Neil Brockbank, ne travaille en studio avec nous qu’entre 10 heures et 20 heures. Pour lui tout extra est inutile voire même contre-productif.

 

Henri Herbert - The Lexington March 2016

Nick Jones – Copyright : Lou Sordo

 

Catalin’arts : Quel est votre meilleur souvenir d’un concert ?

Henri : Avoir pu jouer à Paris pour la première fois récemment fait partie de mes meilleurs souvenirs, surtout avec une telle affiche ! Depuis le début nous souhaitions nous y produire et malgré la difficulté nous avons concrétisé notre désir et réussi à obtenir une date, un lieu, c’était très valorisant… Qu’est-ce que tu en penses toi Nick ?

Nick : Mes meilleurs moments je les ai vécus dans de petites salles de concert bondées, suffocantes même, là où le public est littéralement sur nos équipements… on ne peut pour ainsi dire rien entendre d’autre que la musique… bref cette ambiance rock’n’roll comme elle devrait toujours le rester ! C’est sûrement ça mes meilleurs souvenirs.

Catalinarts : Et le pire ?

Henri : On ne parle pas de ça ! (rires) Pour être honnête, je n’ai aucun mauvais souvenir depuis le début de cette aventure, je n’y avais jamais pensé d’ailleurs.

Catalin’arts : Avez-vous le temps d’écouter de la musique en ce moment, si oui, laquelle ?

Henri : J’écoute de la musique très régulièrement, pour ne pas dire tout le temps, en ce moment j’écoute beaucoup de la « bluegrass music » (style musical d’origine américaine qui constitue une branche de la musique country). Je ne peux pas me décider sur un morceau en particulier, j’ai une approche de la musique qui fait que je m’intéresse en premier lieu aux artistes, aux musiciens, je vais où ma curiosité musicale m’emporte.

 

Henri Herbert - The Lexington March 2016

Lucas Itié – Copyright : Lou Sordo

 

Catalin’arts : Comment se passe le processus de composition d’une chanson ?

Henri : Je ne pourrais dire car notre processus de composition change en permanence : ce sont des morceaux différents qui se rejoignent, mais jamais dans le même ordre, ni en respectant les mêmes approches. Lorsque je me retrouve bloqué et que je n’arrive pas à finaliser un morceau je le soumets à Nick et Lucas et on s’y met tous les trois. Chacun ajoute sa propre touche et le résultat donne un produit fini totalement différent !

Nick : Pour faire court : on ruine le morceau ! (rires)

Henri : Tous les deux apportent des influences et des types de musiques que je n’aurais pas incorporés par moi-même, et auxquels je n’aurais d’ailleurs même pas pensé. Leurs idées se fondent dans ce que je faisais déjà auparavant. Lucas a une musicalité très étendue, du blues au rock’n’roll, bien qu’il apprécie également la musique bien plus moderne. C’est intéressant, cela rajoute des tonalités que j’apprécie. Nick a un style unique à la batterie qui s’ajoute à toutes ses différentes facettes.

Au final, nous n’avons pas une manière précise de composer nos chansons : elles arrivent par elles-mêmes, dans une sorte de momentum. J’ai parfois le sentiment étrange, tout en étant présent physiquement bien-sûr, d’assister en spectateur à leur composition : « Le moment existe, et nous existons avec lui ».

Catalin’arts : Tu pars en tournée aux U.S. , qui, on le sait, est un marché très difficile… est-ce un challenge pour toi ?

Henri : J’adore la musique américaine, et particulièrement la musique des lieux où je vais me rendre : je pars pour la Nouvelle Orléans, puis à Austin, au Texas, à l’occasion du festival de musique SXSW. J’espère y faire des prestations enrichissantes, rencontrer de nouvelles personnes, faire entendre et découvrir ma musique. J’aimerais que mes efforts permettent la poursuite de la belle ascension que nous avons entamée.

Malheureusement Nick et Lucas ne seront pas de la partie, je jouerai avec des musiciens américains. J’ai donc hâte de les rencontrer aussi, voir comment le courant passe, mais au fond de moi j’aurais réellement souhaité que ces deux-là m’accompagnent…

Nick : Tu aurais besoin d’une plus grande valise, pour commencer ! (rires)

Henri : Je pars donc seul pour un mois, c’est une perspective assez « effrayante » aussi. Je suis déjà allé aux Etats-Unis par le passé lorsque je jouais pour un groupe « managé » : j’avais juste à prendre l’avion, arriver à l’heure, et jouer. Je n’avais pas à m’occuper de la logistique. A présent, je dois tout organiser, tout gérer moi-même, c’est une charge de travail assez importante, et donc un réel challenge en soi !

 

Henri Herbert - The Lexington March 2016

Henri Herbert et Nick Jones – Copyright : Lou Sordo

 

Catalin’arts : Et la question que l’on ne vous a pas posée ? 

Lucas : C’est trop compliqué pour moi ça ! (rires)

Henri : Qu’as-tu apporté au groupe par exemple Lucas ?

Lucas : Une basse, un peu de guitare en studio aussi, j’essaie de mettre ma touche dans le truc ! J’ai beaucoup joué auparavant, ça fait plus de vingt ans que je fais de la musique et j’ai beaucoup tourné, donc voilà j’essaie d’apporter des éléments du mieux que je peux !

Henri : Si on continue il va apporter une touche disco ! (rires)

 

Henri Herbert - The Lexington March 2016

Copyright : Lou Sordo

 

affiche concert henri herbert par lou sordo

Affiche du concert réalisée par Lou Sordo

 

 


Suivez Henri Herbert sur les réseaux sociaux :

Facebook, Twitter, Instagram

52c41448-d85e-459d-a38a-8adcb0a6efa8

Le deuxième EP de Henri Herbert : YOU SAY est disponible sur iTunesAmazon et Spotify


 

Henri, Nick, Lucas, merci d’avoir reçu Catalin’arts à Londres. Quelle soirée ! Avec vous trois on s’est fabriqué de super souvenirs, on a vécu des moments comme il y en a peu, et c’est tellement cool de pouvoir le partager avec nos lecteurs dont beaucoup auraient aimé être là. On vous retrouve bientôt à Paris je pense, mais…chutttt… on en parlera plus tard :)

Merci à Gemma Worthington et Viktorija Novikova pour leur précieux concours à Londres

Merci à Lou Sordo pour ses magnifiques photos.

henrilexington

The Lexington – Copyright : Gemma Worthington

 

Propos recueillis par Catalina H et Gemma W, traduits par Victoria M.

You Might Also Like

Pas de commentaires

Laisser un commentaire