Peinture 3

Silvère Jarrosson

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Silvère Jarrosson, né en 1993 à Paris, est un jeune artiste peintre abstrait qui utilise la technique de Dripping, consistant à laisser couler la peinture sur la toile en un mince filet grâce aux mouvements du bras ou de la toile, de telle sorte que les différentes couleurs se mélangent et se superposent ; cette technique est apparentée au mouvement de l’Action Painting -Peinture Active en français- qui met en avant le corps et son utilisation dans l’action de peindre. C’est une technique qui emploie l’impulsivité, mais également un contrôle, tant dans la sélection méticuleuse de la gamme de couleurs, que dans le choix de la peinture elle-même : sa fluidité, sa densité, sa texture ou encore son temps de séchage sont essentiels pour la réalisation de toiles.

 

 

Nous avons eu le plaisir de le rencontrer récemment à Paris et nous vous laissons découvrir ci-après l’interview qu’il nous a accordée, au cours de laquelle nous abordons sa technique picturale, son inspiration…

A Paris, jusqu’au 6 septembre prochain, vous pouvez retrouver quelques unes de ses œuvres à la Galerie Hors-Champs (informations en bas de page), Silvère expose aussi à New York à la Life Gallery du 23 juillet au 2 août puis du 19 au 29 août.

Copyright : Silvère Jarrosson

Copyright : Silvère Jarrosson


 

Catalin’arts : Présente-toi en quelques mots, qui es-tu, d’où viens-tu, que fais-tu?

Silvère Jarrosson :

« J’ai commencé la danse quand j’avais 7 ans, entré à l’Opéra de Paris à 10″

En quelques mots… Je me présente : je m’appelle Silvère Jarrosson, je suis né à Paris, je me vois toujours – bien que cela fait quelques années que j’ai arrêté – comme un danseur ; j’ai fait beaucoup de danse dans ma vie ; si l’on fait le calcul, j’ai consacré plus de la moitié de ma vie à la danse : j’ai commencé à l’âge de 7 ans et suis entré à l’Opéra de Paris à 10 ; école assez exigeante et assez « enfermante » dans le sens où, quand on est à l’Opéra de Paris, on ne fait exclusivement que ça, il y a peu de place pour d’autres activités. J’ai donc dansé de manière intensive de 10 à 18 ans et depuis, même si je ne danse plus, j’ai toujours cette impression de danser par moi-même, ce qui est le sujet de l’interview, on en reparlera plus tard.

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Copyright : Silvère Jarrosson

Catalin’arts : Quelle place tient la peinture dans ta vie, et d’où te vient cette passion?

Silvère Jarrosson :

« La peinture : c’est mon identité, quelque chose de fondamental »

J’avais cette passion déjà assez jeune ; j’ai retrouvé encore récemment des piles de carnets de mon enfance, je dessinais et peignais énormément, ma mère me raconte qu’elle dépliait des papiers journaux afin que je barbouille. Après, c’est vrai que ce n’est que depuis quelques années seulement que j’en ai fait quelque chose d’un peu plus « sérieux », une approche plus fondamentale, et que ce n’est plus seulement une passion, mais ma vie également. La peinture : c’est mon identité, quelque chose de fondamental, j’aurais du mal à me voir sans cette passion, et voir la peinture sans me voir moi-même.

Copyright : Silvère Jarrosson

Copyright : Silvère Jarrosson

Catalin’arts : Tu utilises la technique du Dripping et de l’Action Painting, tu t’inspires également de la technique japonaise du Suminagashi. Pourquoi ce choix, et en quoi consistent-elles globalement?

Silvère Jarrosson :

« C’est justement ce qui m’a intéressé dans l’Action Painting et le Suminagashi, ce sont des techniques qui exploitent le mouvement de la peinture comme une technique picturale en elle-même. »

Ce sont des techniques qui sont les seules, à ma connaissance, à associer une technique picturale au mouvement. Même si d’autres artistes se sont intéressés au mouvement de différentes façons, comme peindre des voitures qui passent, des mains qui effectuent des gestes floutés afin d’orienter le mouvement, et d’en donner l’impression : là il s’agit plus d’une représentation de choses qui bougent, et non la peinture elle-même en mouvement. C’est justement ce qui m’a intéressé dans l’Action Painting et le Suminagashi, ce sont des techniques qui exploitent le mouvement de la peinture comme une technique picturale en elle-même.

L’Action Painting pour résumer globalement, c’est une technique qui consiste à propulser la peinture, sans toucher la toile, et à la bouger afin de la faire couler et jouer sur la texture, c’est d’ailleurs sur ce point-là que je me penche particulièrement : une peinture plus ou moins liquide va plonger différemment, et c’est sur cette gamme de textures que l’on peut jouer. L’Action Painting c’est faire bouger la peinture sur la toile, donc par définition, en mettre beaucoup, faire que ça glisse, gicle, déborde etc.

Le Suminagashi est une technique japonaise que je trouve plus fine : ça se fait sur une surface aqueuse, on y dépose des gouttes de peinture à l’huile -évidemment l’huile flotte-, avec les mouvements de l’eau les gouttes de peinture se mélangent à la surface pour y créer des motifs de différentes couleurs. On dépose ensuite délicatement la toile ou la feuille de papier à la surface de l’eau, de sorte que toutes les couleurs s’imbibent sur la toile, en enregistrant donc finalement les mouvements de l’eau.

Ce que je trouve très intéressant dans cette technique c’est que les mouvements de l’eau étant extrêmement fins, on essaye de garder le bac le plus immobile possible, mais il y a toujours quelques mouvements créés par l’air ambiant, ce qui apporte une extrême finesse que je trouve incroyable dans le Suminagashi, on y retrouve la même idée de faire couler, glisser les pigments.

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Copyright : Silvère Jarrosson

Catalin’arts : Combien de temps accordes-tu à la réalisation d’une toile, et combien de litres de peinture?

Silvère Jarrosson :

Pour les litres de peinture : beaucoup (rires). Cela dit, cela dépend énormément du format, pour une toile d’un mètre cinquante de large 5 voire 10 litres sont nécessaires. Quand ce sont des toiles plus petites on peut jouer avec beaucoup moins de peinture, seulement quelques gouttes peuvent suffire parfois si la peinture est assez liquide.

Pour ce qui est du temps, il y a un problème avec la peinture acrylique : ça sèche très vite, de sorte qu’on ne peut pas s’arrêter. Je travaille sur la peinture en mouvement, de ce fait je ne peux pas travailler sur de la peinture sèche ni ne peux intervenir à nouveau sur mes toiles car ce qui est sec ne va plus bouger avec la peinture que j’ajoute. Je suis donc obligé, quand je commence une toile, de la terminer sans m’arrêter.

Si je m’arrête ne serait-ce qu’un quart d’heure, la peinture aura eu le temps de sécher, et je ne pourrai plus rien faire.

Tant que j’interviens et que rajoute de la peinture en permanence, ça peut durer indéfiniment en soi. En général, je passe une journée sur mes toiles, après c’est très variable, ça dépend aussi de si j’atteins exactement ce que je veux, parfois ça marche très vite, comme je le voulais, parfois au contraire c’est la catastrophe, et ce n’est pas du tout ce que je recherchais, je dois donc me battre un certain temps pour rectifier le tir.

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Copyright : Silvère Jarrosson

Catalin’arts : On retrouve dans tes œuvres une inspiration de la biologie, des phénomènes naturels et un travail sur les échelles de grandeur : qu’est-ce qui a suscité chez toi cet intérêt pour les sciences naturelles?

Silvère Jarrosson :

« Finalement, si un delta prend telle forme avec tel courant, il n’y a aucune raison pour que le processus ne se réalise pas de la même manière sur ma toile, en utilisant une peinture de la même fluidité, et en créant un mouvement similaire. »

J’ai toujours eu un intérêt pour les sciences naturelles que l’on retrouve dans mes toiles. Cet intérêt s’est également développé quand j’étais enfant, je m’intéressais énormément à l’ornithologie -science qui étudie les oiseaux-, à la campagne j’étais toujours muni d’une paire de jumelles afin d’apprendre à différencier les espèces. Je récoltais des plumes également, les premières que j’ai récoltées -car je note les dates- c’était en 1997, j’avais 5 ans donc, c’est assez ancien !

Le lien avec la peinture est venu plus tardivement lorsque je me suis rendu compte, a posteriori, que l’on reconnaissait des motifs naturels dans mes toiles. J’entends souvent « on dirait des cellules » ou encore « là on dirait le delta d’une rivière »… on peut voir énormément de choses dans mes toiles, c’est quelque chose que je n’avais pas prévu initialement. Ce n’est qu’après que je me suis rendu compte qu’il était logique que l’on retrouve les mêmes formes car ce sont les mêmes processus naturels qui se mettent à l’oeuvre : seules les échelles sont différentes.

Finalement, si un delta prend telle forme avec tel courant, il n’y a aucune raison pour que le processus ne se réalise pas de la même manière sur ma toile, en utilisant une peinture de la même fluidité, et en créant un mouvement similaire.

Lorsque l’on voit dans mes toiles la croissance des cellules par exemple, c’est fondamentalement la même chose : leur croissance régit aux mêmes lois physiques que celles impliquées dans la croissance d’une tache de peinture avec des phénomènes de capillarité, d’attraction des molécules…

C’est vrai que maintenant que je le sais, a postériori, j’en joue, et j’ai l’intention d’évoquer telle ou telle image. Ce n’était pourtant pas prémédité à la base !

 

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Copyright : Silvère Jarrosson

 

Catalin’arts : Tu es diplômé de l’école de danse de l’Opéra National de Paris. On pourrait s’attendre à retrouver dans tes œuvres une représentation du corps en mouvement, pourtant, c’est toi qui utilise tes propres mouvements à travers la technique de l’Action Painting. La danse a-t-elle une place dans ton art? Et si oui, dans quelle mesure?

Silvère Jarrosson :

« C’est instinctif, dans le sens où je représente la danse indirectement, sans représenter quelqu’un qui danse, mais en représentant le résultat que la danse a engendré. »

La danse a une place très importante dans mes œuvres, c’est certain. Je ne suis pas dans la représentation du corps en tant que tel puisque je suis dans une démarche plus abstraite, donc je ne me verrais pas peindre des corps en mouvement, cela dit il y a une place immense pour la danse dans ce que je fais. Pour vous donner un exemple, je suis incapable de peindre en silence, il me faut toujours de la musique. Je me suis rendu compte que je peignais en rythme… pas systématiquement, mais quand cela est possible : je vais par exemple tracer différents traits assez parallèles -comme sur certaines de mes toiles- en rythme avec la musique. C’est instinctif, dans le sens où je représente la danse indirectement, sans représenter quelqu’un qui danse, mais en représentant le résultat que la danse a engendré. C’est cela que je trouve intéressant.

Certaines de mes œuvres sont très physiques, d’autres beaucoup plus psychologiques et j’avoue que parfois c’est une vraie chorégraphie tant j’enchaîne les gestes, et peins en mouvement de telle sorte que l’on retrouve mon mouvement initial dans le résultat final. Parfois, j’y vois une danse plus psychologique, plus mentale, comme une divagation. Dans tous les cas il y a quelque chose qui me guide : soit la musique, et donc une démarche très physique, soit un état d’esprit, des émotions que j’essaye de retranscrire. C’est notamment l’idée derrière ma série nommée « Coma » : une sorte de flou mental, je relisais des vieux textes que j’avais écrits, regardais de vieilles photos, et me mettais à peindre quelque chose qui correspondait plus à l’état d’esprit dans lequel je m’étais plongé qu’à des mouvements physiques.

 

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Copyright : Silvère Jarrosson

Catalin’arts : Tu as l’air toi-même agréablement surpris par l’intérêt que suscite ton oeuvre, tu exposes d’ailleurs à Paris à la Galerie Hors-Champs pour l’exposition « Les Métamorphoses – Un sommeil souterrain » du 3 juillet au 6 septembre aux côtés de six autres artistes. Tu exposes à New York à la Life Gallery du 23 juillet au 2 août puis du 19 au 29 août. Quel est le sentiment ou message, s’il y en a un, que tu souhaites transmettre à travers tes toiles?

Silvère Jarrosson :

« J’ai envie que les gens voient la beauté des couleurs, il y a tellement de choses magnifiques autour de nous, il y a de quoi s’en mettre plein la vue. Se faire plaisir en définitive, c’est ça mon message. »

Bien sûr qu’il y en a un! (rires)

Il est indirect, quand on fait de l’art l’abstrait ce n’est pas aussi évident de faire passer un message que lorsque l’on peint des choses plus concrètes. Certaines de mes séries de toiles sont très colorées, on me dit souvent qu’il y a de la pèche dans ce que je fais parce que je suis « jeune » : mais pas seulement! J’ai envie de réveiller les esprits.

Quand on complimente mes toiles, j’ai envie de répondre que c’est à la portée de tout le monde : vous achetez des tubes de peinture, vous les faites se mélanger, c’est ça peindre. Les choses bougent, c’est juste de la peinture qui coule, dans ta salle de bains, quand tu vides la bonde : ça coule. C’est le même processus. Au final, ce sont des choses très proches, très simples, je ne vais pas chercher des choses complexes, je n’utilise pas des matériaux compliqués, j’utilise la première acrylique venue dans le premier magasin d’art venu, sur des toiles blanches. C’est quelque chose de très basique, car j’ai envie de montrer aux gens à quel point il y a de très belles choses autour de nous, j’ai envie de réveiller chez eux des envies.

Une anecdote à ce sujet, lorsque j’étais avec Wilmer Herrison* qui m’apprenait à peindre : nous étions au restaurant, il a commandé un moelleux au chocolat avec une superbe sauce au chocolat. Lorsqu’il l’a terminé, il restait de la sauce dans l’assiette. Avec son couteau, il a commencé à faire les mêmes formes géométriques que celles qu’il effectue habituellement sur ses toiles, sur lesquelles il peint d’ailleurs au couteau. On a explosé de rire. Mais c’était également une façon de dire : finalement, l’art est partout.

Les gens ne font parfois pas attention qu’au fond dans leur assiette, avec un simple coulis de framboises, il se passe de belles choses ! Quand je mets la même couleur sur ma toile et que l’on trouve ça beau, j’ai envie de dire « ouvrez les yeux » !

Je voudrais que les gens sortent de mes expositions en ayant une envie. Qu’importe l’envie : manger des fruits, repeindre sa maison, envie de mettre de la musique et de danser, que sais-je. J’ai envie que les gens voient la beauté des couleurs, il y a tellement de choses magnifiques autour de nous, il y a de quoi s’en mettre plein la vue. Se faire plaisir en définitive, c’est ça mon message.

 

Copyright : Silvère Jarrosson

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Catalin’arts : Et ton avenir, tu le vois comment?

Silvère Jarrosson :

C’est le point sensible : l’avenir des artistes est toujours brumeux, jamais tracé, ce n’est pas une voie simple. Je vois mon avenir dans la peinture évidemment, il n’y a pas de doute. Bien sûr, si ça cartonne, je ne vais pas m’arrêter, mais même si ça ne cartonne pas je ne m’arrêterai pas, car j’adore peindre ! Je ferai avec et je serai amené à trouver un autre travail, mais mon avenir sera dans la peinture quoi qu’il en soit.

Lorsque j’ai débuté à m’essayer à ces techniques picturales, je pensais en faire le tour rapidement, pourtant plus je peins et plus cela devient mystérieux, plus j’ai envie de creuser, plus j’ai d’idées au fil de du temps. Maintenant, c’est presque le défaut de mes dernières séries : ça part un peu dans « tous les sens ». J’ai découvert plein de nouvelles idées, techniques, j’ai envie de toutes les tester. Je n’ai pas l’intention de m’arrêter, plus l’on découvre et creuse, plus c’est fascinant.

 

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Catalin’arts : Et la question que je ne t’ai pas posée?

Silvère Jarrosson :

Est-ce que mes toiles me plaisent?

« J’apprends à les apprécier à travers le regard des autres ; à chaque vernissage j’aime demander quelles sont les préférées, ou celles moins appréciées, et pourquoi. L’avis de chacun m’intéresse énormément. »

On s’y attend assez peu, mais en général, je déteste mes toiles, ce qui est très bizarre. C’est perturbant, lorsque je peins je n’arrive absolument pas à avoir un regard objectif sur ce que je fais. C’est toujours le flou, je ne sais parfois pas quand m’arrêter, est-ce que c’est bien ? Aucune idée. Je crois qu’il y a comme une sorte de voile qui empêche de voir les choses comme elles le sont : c’est avec le temps, petit à petit, en les regardant longuement, que j’arrive à avoir un regard plus objectif de mes propres toiles.

Il faut savoir que je rate pas mal de mes toiles : j’utilise un processus que j’apprends à maîtriser de mieux en mieux, mais qui a une grande part d’imprévu et d’aléatoire. Des fois la peinture ne coule pas comme prévu, et c’est raté. Je recommence le lendemain.

Il est important selon moi de déterminer quelles sont les toiles qui plaisent afin d’avancer, et de par cette incapacité à juger de manière objective mes toiles, je me retrouve dans un brouillard immense à ne pas savoir ce que je dois faire, ce vers quoi je dois tendre, ce que je peux essayer de reprendre car c’était réussi, ou au contraire ce que je dois abandonner.

J’apprends à les apprécier à travers le regard des autres ; à chaque vernissage j’aime demander quelles sont les préférées, ou celles moins appréciées, et pourquoi. L’avis de chacun m’intéresse énormément.

 

 


 

Silvère Jarrosson

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« Les Métamorphoses – Un sommeil souterrain »

Exposition à la Galerie Hors-Champs à Paris du 3 juillet au 6 septembre 2015
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*Wilmer Herrison : Site Officiel

Propos recueillis par Victoria M et Catalina H, à Paris, le 22 juin 2015
Merci à Silvère Jarrosson pour le temps qu’il nous a consacré.

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3 Commentaires

  • Looten a commenté: Le 30 juillet 2015 à 11 h 46 min

    Qu’il est intelligent et doué ce garçon ! :-) Bravo !

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    • filiberto hernandez a commenté: Le 4 août 2015 à 22 h 00 min

      sylvére,je ne connaissais pas cette technique de peinture,bon il faut dire que je ne connais rien en peinture ceci explique cela. grâce a toi je vais apprécier ce que j’appelais des taches de gouache.c’est très beau bravo! c’est peut être cela qu’on appelle le talent. bravo a victoria et catalina pour cet article super interressant

      Répondre
  • Silvère Jarrosson – Cryptique | Catalin'arts a commenté: Le 15 décembre 2015 à 13 h 19 min

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